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Expliquer pour convaincre !
L’avenir avec la France Insoumise, pour un autre projet de société.

L’entretien accordé par la députée de la douzième circonscription de la Gironde au journal sud-ouest ce lundi 2 octobre, a pu apparaître, pour nombre de citoyens qui m’ont beaucoup interpellé depuis, parfois surréaliste, à tout le moins n’apportant aucune réponse aux nombreuses questions et inquiétudes qui parcourent le pays et la circonscription depuis 5 mois. L’importance du résultat du second tour des élections législatives dans notre circonscription me confère aujourd’hui des obligations que j’assume sans relâche pour contribuer à construire un autre avenir que celui dans lequel veulent nous enfermer les spécialistes de la marche en arrière. J’y travaille quotidiennement. Pas seulement en m’opposant, mais aussi en construisant la suite. Car le nouveau pouvoir, en méprisant les aspirations populaires et en n’hésitant plus à assumer son profil autoritaire, ne peut s’inscrire dans la durée : son avenir reste précaire.

Il ne suffit pas de s’affirmer comme « non frondeur » pour légitimer de brutales mesures et de mauvaises lois ! Et il ne peut suffire non plus de nous indiquer, en faisant références aux « éléments de langages » appris, que ces mesures et ces lois lui ont bien été expliquées, pour que cela paraisse plus clair pour les citoyens qui veulent comprendre au nom de quoi ces votes ont été faits. Il ne s’agit pas de répondre à tout, personne n’est omniscient. Mais au moins peut-on espérer de la part d’une députée de la Nation des justifications claires sur ses choix politiques qui ont alimenté des votes sans discussion en faveur du gouvernement.

Cet entretient dit plusieurs fois la nécessité d’expliquer, mais n’explique rien. Le President Macron va plus loin encore : il nous insulte quand il croit que l’on ne comprend pas !
Mais nous, nous avons bien compris ce que lui, son gouvernement et ses députés aux ordres veulent faire. Une présidence pour les riches n’a pas besoin, il est vrai, de plus d’explications que les démonstrations outrancières quotidiennes qui sont faites. La députée de la douzième circonscription assume, mais semble avoir du mal à défendre ces premiers mois calamiteux. Elle se positionne d’ores et déjà sur la défensive. Comprend-elle que les gens sont en colère car ils estiment que ces premières mesures sont prises frontalement contre le peuple ?

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La France insoumise fait des propositions claires dans son programme L’Avenir en commun. Ce sont celles que défendent à l’Assemblée nationale les 17 députés insoumis. Revenons donc sur les dossiers évoqués dans cet entretien. Je me propose ici d’y apporter des réponses claires.

1- Sur l’agriculture d’abord. Chacun s’accordera sur l’impact économique de la viticulture sur notre territoire. Mais après l’année très difficile qui vient d’être vécue dans nombre d’exploitations de notre circonscription, les viticulteurs en particulier, et les agriculteurs en général, ont besoin que la puissance publique fixe un cap clair. Il ne s’agit donc pas simplement de regarder passivement comment les exploitations évoluent. Il s’agit de préparer l’avenir. Pour cela, nous proposons avec les députés de la France insoumise de flécher désormais clairement les aides en direction d’une agriculture paysanne, à taille humaine, et de stopper celles vers les exploitations industrielles. Il s’agit par ailleurs d’accompagner la transition écologique en aidant également les exploitations qui se convertissent au bio et qui font le choix, pour commencer, de ne plus utiliser de pesticides. On ne pourra pas évoluer dans des conditions saines pour les paysans comme pour les consommateurs, si l’on ne décide pas clairement des orientations prioritaires.

2- Concernant la distillerie de St Gènes, là aussi, je suis pour être d’une grande clarté car tout député de notre circonscription est censé avoir travaillé ce type de dossier essentiel pour notre territoire et donc être en mesure de se positionner. Lors de ma visite à St-Gènes-de-Lombaud en juin dernier, j’ai pu indiquer aux habitants présents que les populations riveraines de la Distillerie devaient avoir accès à des données indépendantes sur la qualité de l’air qu’elles respirent. Nous avons renouvelé avec Nathalie Chollon-Dulong notre soutien déterminé à leur demande d’implantation d’une station AIRAQ/ATMO de contrôle de la qualité de l’air. Préserver la santé des habitants est pour nous une priorité. Cela aurait été un dossier prioritaire dans mon échange de début de mandat avec Monsieur le Préfet.

3- Sur le dossier de la suppression des emplois aidés, il faut ajouter à la brutalité de l’annonce la brutalité de la mesure elle-même. Il s’agit d’un plan social sans précédent de la part de l’Etat dont l’impact sur nos écoles, nos collectivités et nos associations notamment est catastrophique. Il faut venir sur le terrain pour comprendre ce que signifie la suppression d’un, deux ou trois emplois aidés dans une école, comme cela se passe dans de nombreux établissements scolaires de la circonscription. Il va de soi que la solution politique des contrats aidés est insatisfaisante. Mais faire table rase de ce qui existe est pire encore.
Il aurait été bien plus efficace pour le bien de tous de proposer, comme nous avons été un certain nombre à le faire, la titularisation de tous les contrats aidés. Cela aurait été une mesure claire en faveur de l’emploi pérenne et une manière bienvenue de faire sortir de la précarité des milliers de nos concitoyens.
Au lieu de cela, ce gouvernement que soutient la députée de la douzième circonscription préfère utiliser des milliards d’euros pour supprimer l’ISF et venir en aide de ceux qui n’en ont absolument pas besoin en espérant, par miracle, qu’ils en profiteront pour investir ! Et il se paie en plus le luxe de baisser tout aussi brutalement l’APL. Sur ces deux dossiers, la députée de la douzième circonscription n’apporte pas non plus d’explication. Ces recettes ultra libérales ne marchent nulle part, pourquoi vouloir nous les infliger par la force ? Comment ne pas voir dans ce President et ceux qui le soutiennent, le clan des riches, qui oeuvrent au profit d’une infime partie de la population ? Face à cette politique austéritaire et injuste, les députés de la France Insoumise présenteront un contre-budget à l’Assemblée nationale.

4- Concernant les collectivités locales, la méthode Coué ne peut là non plus suffire. Tous les élus savent que face à une recette supprimée ou une compétence ajoutée, l’Etat ne compense jamais à la hauteur où il le devrait les pertes ou les coûts nouveaux. C’est ce qui ne manquera pas d’arriver avec la suppression de la taxe d’habitation. Mais le President Macron s’engage dans la voie la plus éloignée qui soit des élus de proximité et veut faire vivre une cure d’austérité maximale à toutes les collectivités en aggravant encore plus les baisses de dotations. Il a sans doute oublié (mais le sait-il vraiment lui qui n’a jamais été un élu inscrit dans un territoire) combien les politiques publiques locales, toujours gérées à budget équilibré, sont indispensables pour le quotidien de nos concitoyens ? Le travail, souvent bénévole, des élus locaux contribue au quotidien à faire vivre la démocratie de proximité. Le négliger ou le mépriser, comme semble le faire le nouveau pouvoir, serait très dangereux pour notre république. Pour ma part, je continuerai à être un relais pour les élus locaux face aux attaques qui ne vont pas manquer de s’accentuer, notamment contre les deux collectivités de la solidarité de proximité, la commune et le département.

5- Enfin sur le dossier de la loi travail numéro 2 qui n’est pas évoquée dans l’interview alors même qu’il s’agit du dossier le plus important de la rentrée, comment comprendre un tel silence ? Le projet du Gouvernement est de créer un droit du travail différent dans chaque entreprise, ce qui ne peut être fait qu’au détriment des salariés, de supprimer les aides aux personnes licenciés en relevant le seuil pour les licenciements collectifs, de donner plus de pouvoir aux employeurs par des référendums d’entreprise qui pourront déroger au droit, de casser le CDI avec la création du CDD de chantier, de désarmer les salariés avec la fusion des CE, CHSCT et des délégués du personnel, etc.
Nous proposons au contraire la création de 3 millions d’emplois notamment par la transition écologique et le protectionisme solidaire, l’abrogation de la loi El Khomri, l’interdiction des licenciements boursiers, la hausse du SMIC, un seuil maximal de 10% de CDD par entreprise, la lutte contre l’uberisation et le renforcement de l’inspection du travail.
Pour nous le code du travail n’est pas le problème, c’est la relance de l’activité qui est l’enjeu, mais le renforcement de la précarité et la dégradation des conditions de travail n’ont jamais créé de l’emploi.

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Dans ce contexte de décisions injustes, je participerai le 10 octobre prochain à la grande manifestation syndicale prévue à Bordeaux, et j’irai soutenir avec Nathalie Chollon-Dulong les hospitaliers de La Reole et Langon qui appellent à une journée d’action pour la défense du service public de santé.

Christophe Miqueu

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